Le vendredi 26 janvier 2024, la localité de Kenskoff a été plongée dans un véritable cauchemar. Des gangs lourdement armés, menés par le groupe criminel “Viv Ansanm”, ont envahi la zone, pillant, incendiant et tuant sur leur passage. Mais l’élément le plus alarmant de cette attaque demeure la présence signalée de Dimitri Hérard, ancien chef de l’Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN), aux côtés des assaillants. Un ex-haut responsable de la sécurité nationale, censé assurer la protection du pays, se retrouve directement impliqué dans une opération de terreur contre des civils innocents. Ce constat dramatique soulève une question fondamentale : jusqu’où va la complicité de l’État haïtien avec les criminels ?
Une attaque préméditée sous le regard passif des autorités
Selon plusieurs témoins et sources locales, cette attaque ne s’est pas produite au hasard. Dès les premières heures du matin, des dizaines d’hommes armés ont envahi Kenskoff, semant la terreur parmi la population. Des maisons ont été incendiées, des habitants abattus sans pitié, tandis que d’autres tentaient désespérément de fuir.
Fait encore plus inquiétant, alors que la situation s’aggravait, aucune intervention de la Police Nationale d’Haïti (PNH) n’a été enregistrée. Les forces de l’ordre, pourtant informées des tensions croissantes dans la zone, n’ont opposé aucune résistance à l’incursion des criminels, laissant la population livrée à elle-même. Cette passivité soulève une question cruciale: s’agit-il d’une incompétence criante ou d’une complicité assumée entre les institutions de l’État et ces groupes criminels ?
Dimitri Hérard : un symbole de la corruption d’État
Le cas de Dimitri Hérard est emblématique d’un mal plus profond : la corruption et l’effondrement des structures étatiques. Déjà impliqué dans plusieurs affaires douteuses, notamment dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, il refait surface comme un acteur clé dans cette attaque. Comment un ancien chef de la sécurité présidentielle, autrefois en charge de la protection des institutions haïtiennes, peut-il se retrouver bras dessus, bras dessous avec des criminels sanguinaires ?
Sa présence sur le terrain n’est pas anodine. Certains rapports indiquent qu’il pourrait avoir joué un rôle stratégique dans des opérations, facilitant l’accès des gangs à certaines infrastructures et assurant leur protection contre d’éventuelles interventions policières. Cette révélation montre à quel point les institutions haïtiennes sont infiltrées par des individus qui, loin de garantir la stabilité du pays, contribuent activement à son effondrement.
Une complicité jusqu’au sommet de l’État
Face à l’indignation générale, le Premier ministre haïtien, Alix Didier, a déclaré que les services d’intelligence haïtiens étaient au courant de l’attaque avant même qu’elle ne se produise. Une déclaration sidérante qui soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses. Si le gouvernement était informé, pourquoi n’a-t-il pas pris de mesures pour empêcher ce massacre? Pourquoi les forces de sécurité n’ont-elles pas été mobilisées en amont pour protéger la population?
Cette déclaration confirme ce que beaucoup redoutaient déjà: le gouvernement haïtien, au mieux, fait preuve d’une incompétence crasse, et au pire, collabore ouvertement avec ces groupes criminels pour asseoir son propre pouvoir. Cette attitude irresponsable ne fait qu’alimenter l’impunité des gangs, qui savent désormais qu’ils peuvent agir en toute liberté sans craindre de représailles.
Haïti : Un État capturé par les gangs
L’attaque de Kenskoff n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique de violence généralisée où les gangs armés imposent leur loi sur de vastes portions du territoire haïtien. Aujourd’hui, ces criminels ne sont plus de simples bandes désorganisées ; ils forment un véritable réseau structuré, avec des connexions jusqu’au plus haut niveau de l’État. La population haïtienne vit désormais dans un climat de peur constante, où chaque jour peut être le dernier.
Cette réalité tragique montre que l’État haïtien n’existe plus en tant que garant de l’ordre public. Ce ne sont plus les institutions officielles qui gouvernent le pays, mais une mafia politico-militaire qui instrumentalise la violence pour asseoir son pouvoir. Tant que ces liens ne seront pas brisés et que la justice ne s’attaquera pas aux vrais responsables, Haïti restera une nation en sursis.
L’urgence d’une réaction forte
Face à cette situation désastreuse, la population ne peut plus rester passive. Il est impératif que des enquêtes sérieuses et indépendantes soient menées pour établir les responsabilités dans cette attaque. Dimitri Hérard, ainsi que tous ceux qui l’ont aidé dans cette opération criminelle, doivent être arrêtés et traduits en justice. De même, les autorités qui ont sciemment laissé faire doivent rendre des comptes.
La communauté internationale, bien que souvent accusée d’ingérence, a un rôle clé à jouer dans ce combat. Une pression accrue doit être exercée sur le gouvernement haïtien afin qu’il prenne enfin des mesures concrètes contre l’insécurité et la corruption qui gangrènent le pays. Sans une réponse immédiate et drastique, Haïti continuera de sombrer dans le chaos.
L’attaque du 26 janvier 2024 à Kenskoff est un signal d’alarme. C’est une preuve accablante que l’État haïtien ne protège plus son peuple, mais collabore activement avec ceux qui le persécutent. Face à cette trahison, il est impératif que la justice triomphe et que les coupables soient châtiés. Haïti ne peut plus se permettre d’attendre. L’heure est venue d’agir, avant qu’il ne soit définitivement trop tard.
La Rédaction Mégalexis